Amédée William Merlaud-Ponty (1866 - 1915)

Ancien Gouverneur Général de l'A.O.F

Amédée William Merlaud-Ponty

Amédée William Merlaud-Ponty (né le 4 février 1866 à Rochefort, décédé le 13 juin 1915 à Dakar, Sénégal) est un administrateur colonial français qui fut gouverneur général de l’Afrique-Occidentale française(AOF) de 1908 jusqu’à sa mort en 1915. On le présente souvent comme un républicain idéaliste et paternaliste, mais des travaux récents2 dressent le portrait d'un politicien habile, avant tout pragmatique.

Ses années à la tête de l'AOF ont marqué l'histoire de l'enseignement et de la justice, mais sa responsabilité3 dans la participation massive de troupes coloniales à la Première Guerre mondiale a terni son image.

Aujourd'hui son nom se perpétue en grande partie à travers celui de l'École normale William Ponty, ancienne école normale fédérale qui sera pour l'Afrique le creuset où se formeront les élites, les « pontins » : instituteurs, médecins, mais aussi de grands noms de la vie politique africaine, tels que Félix Houphouët-Boigny, Modibo Keita ou, Mamadou Dia.

Biographie

Né le 4 février 1866 à Rochefort, où son père Joseph William était directeur de Messagerie. William Merlaud Ponty fait de brillantes études, d'abord dans sa ville natale, puis à Paris où il obtient une licence en droit en 18885. Entré dans l'administration coloniale, il est nommé au Soudan français où il est le secrétaire particulier du colonel Archinard et participe aux colonnes de l'occupation coloniale en tant que civil. Le 30 janvier 1894 il est nommé chef du secrétariat auprès du gouverneur général à Saint-Louis.

Après un intermède à Madagascar, il est nommé délégué du gouverneur général de l'AOF pour mettre en place l'administration du Haut-Sénégal-Niger, d'abord à Kayes, puis à Bamako. Lorsque la colonie du Haut-Sénégal-Niger est créée le 20 octobre 1904, c'est à lui qu'on en confie la direction.

Le 18 février 1908 il succède à Ernest Roume, fatigué et souffrant, comme gouverneur général de l'AOF. Lui-même est remplacé à la tête du Soudan français par François Clozel. Contrairement à Roume, un polytechnicien qui a d'abord construit sa carrière dans les couloirs du Ministère des Finances, Merlaud-Ponty est un homme de terrain, vétéran des campagnes du Soudan.

Sa politique coloniale repose sur la notion d'« apprivoisement ». Selon lui, il faut s'appuyer sur de bons chefs, issus de la tribu ou du groupe qu'ils doivent commander. Bien qu'il se méfie des marabouts, il conseille aux commandants de cercles de rallier les musulmans à la cause de la colonisation.

William Merlaud Ponty est franc-maçon, membre de la loge du Grand Orient de France. Il veut procéder à la laïcisation de la colonie et se heurte aux Pères blancs, des missionnaires bien implantés en Afrique occidentale.

Il épouse l'actrice Juliette Thabussot le 9 avril 1910 à Saint-Mandé. Il l'avait rencontrée le 9 septembre 1909.

De janvier à août 1912, François Clozel assure l'intérim.

En 1914, alors que la guerre menace après l'attentat de Sarajevo, William Merlaud-Ponty souhaite d'emblée associer les forces de l'AOF au futur conflit. Le 29 juillet 1914, avant même l'ordre de mobilisation, il propose d'envoyer plusieurs milliers d'hommes et renouvelle son offre un mois plus tard.

William Merlaud-Ponty s'épuise à la tâche, sa santé décline au fil des années, mais il ne veut pas quitter son poste. Le 9 juin 1915 le ministre des Colonies Doumergue, ému par des nouvelles alarmantes, le rappelle en France, mais le télégramme arrive trop tard, car son état est jugé désespéré. Il meurt à Dakar le 13 juin 1915 et François Clozel lui succède à nouveau, pleinement cette fois, du 14 juin 1915 au 3 juin 1917.

Distinctions

  • William Ponty est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 8 mars 1893, officier le 2 janvier 1904 et commandeur en 1912.
  • Il est officier d'académie (1902) et officier de l'Instruction publique (1909).

Postérité

À la Gare de Dakar est un monument dédié en 1923 « aux créateurs de l'AOF et à la gloire de l'armée noire » avec les statues réalisées par le sculpteur toulousain Paul Ducuing du tirailleur Demba et du zouave Dupont. Le monument rend hommage au conquérant français du Sénégal, Louis Faidherbe, et aux quatre gouverneurs généraux, Noël Ballay, Joost van Vollenhoven, François Joseph Clozel et Ponty lui-même.

Plusieurs artères portent son nom, telles que des avenues à Rochefort et à Dakar.

Autres personnages historiques

  • Ephémérides du jour

  • 19 Janvier 2017

    Le Président gambien nouvellement élu, Adama BARROW, exfiltré au Sénégal pour des raisons sécuritaires, prête serment à l’ambassade de Gambie à Dakar au moment où des négociations ont lieu à Banjul avec le Président sortant Yahya JAMMEH qui refuse de quitter le pouvoir. Le même jour le Conseil de sécurité examine et adopte la résolution introduite par le Sénégal visant à autoriser la CEDEAO à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une passation de pouvoirs en Gambie.

  • 19 Janvier 2017

    Au premier tour de la Coupe d'Afrique des Nations de Football Gabon 2017, les Lions de la Téranga (équipe nationale du Sénégal) entrainés par Aliou CISSE battent l'équipe nationale du Zimbabwe par 2 buts à 0 à Franceville. Buts marqués par Sadio MANE et Henri SAIVET.

  • 19 Janvier 2016

    Ouverture à Dakar de la 4ème assemblée générale ordinaire de l'Association des Médiateurs des pays membres de l'UEMOA.

  • 19 Janvier 2015

    Prise de fonction à Dakar de M. Alioune TINE, Directeur du Bureau d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

  • 19 Janvier 1964

    Ouverture par le Chef de l'Etat de la troisième conférence ferroviaire internationale qui va se dérouler à Dakar et à Thiès.

  • 19 Janvier 1873

    Signature d'un traité entre les Français et le Souna, le Pakao, le Boudhié et le Yacine.

  • 19 Janvier 1855

    Les troupes d'El Hadj Omar TALL attaquent le comptoir de Victor COUDERT établi à Diakabélé Kouta dans le Khasso.

Audio du mois


Le 23 Janvier 1955, une rixe opposait à Bignona des partisans du BDS de Léopold Sédar Senghor à des militants de la SFIO lors de la visite de Lamine GUEYE en Casamance. Cette confrontation s’était soldée par 4 morts et une quarantaine de blessés.