Suivez-nous

Crise politique de décembre 1962 au Sénégal

Crise politique de décembre 1962 au Sénégal

Crise politique de décembre 1962 au Sénégal

La crise politique de décembre 1962 au Sénégal

17 décembre 1962 : Crise politique au sommet de l’Etat : le président du conseil, M. Mamadou DIA, s’opposait au vote d’une motion de censure par l’Assemblée nationale  en faisant investir les lieux par les forces de l’ordre.
Tout était parti ce jour-là de la volonté des députés de voter dans l’après-midi, à 15 heures, la motion de censure qu’ils avaient déposée quarante-huit heures plus tôt comme le veut la Constitution. Les députés s’étaient réunis dès le début de la matinée, à l’occasion de la rencontre des présidents de commission fixée par le président Lamine Guèye. Voyant que leur décision était prise de siéger et de voter la motion, M. Mamadou Dia, président du conseil de gouvernement, décida alors de faire occuper les locaux de l’Assemblée nationale par les forces de police et de gendarmerie, en même temps qu’il faisait arrêter quatre personnalités de l’Assemblée, accusées d’être les leaders de l’opposition à son gouvernement : il s’agissait de M. Ousmane Ngom, secrétaire de l’Union Progressiste Sénégalais (UPS), second vice-président de l’Assemblée, président de la haute cour de justice, M. Abdoulaye Fofana, secrétaire administratif de l’UPS et ancien ministre, des députés Magatte Lo et Moustapha Cissé. Malgré les protestations du président Lamine Guèye, les forces de gendarmerie, obéissant aux ordres du président du conseil, appréhendèrent, non sans peine, les députés que leurs collègues tentaient de défendre. Les députés Demba Diop et André Guillabert étaient du nombre de ceux qui avaient reçu quelques coups en essayant de s’interposer. Le président Lamine Guèye étant sorti du Palais s’était vu empêché de regagner son bureau. Les députés s’étaient alors rendus en masse au domicile de Maître Lamine Guèye où ils avaient tenu leur séance dans le salon du premier étage. Ils avaient bientôt été rejoints par plusieurs ministres qui se désolidarisaient ainsi d’un gouvernement qui, à leurs yeux, empêchait le fonctionnement légal des institutions : il s’agissait de Maître Doudou Thiam, ministre de la Justice, M. Karim Gaye, ministre de la Fonction publique et du Travail, M. Amadou Cissé Dia, ministre de la Coopération technique, M. André Guillabert, ministre des affaires étrangères, M. Emile Badiane, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation des cadres, M. André Peytavin, ministre des Travaux Publics et M. Alioune Badara Mbengue, ministre de l’Industrie et du Tourisme. Immédiatement après l’occupation de l’Assemblée nationale par les forces de l’ordre et l’expulsion des députés, le président de la République, M. Léopold Sédar Senghor, avait pris une décision plaçant l’ensemble des forces armées sous son autorité directe. Peu après, les parachutistes venaient renforcer la garde du Palais présidentiel. Vers 15 heures, accompagné d’El Hadji Seydou Nourou Tall et de M. Jean Rous du cabinet de président Senghor, le président Lamine Guèye, à pied, suivi de sa voiture, gagnait le Palais présidentiel pour demander au Chef de l’Etat l’autorisation de siéger légalement pour voter à l’heure fixée la motion de censure. Cette autorisation lui ayant été accordée, le président Lamine Guèye, toujours à pied et au milieu des acclamations d’une foule qui ne cessait de croître, regagnait son domicile où l’Assemblée adoptait à la majorité absolue des 47 voix des 47 députés présents la motion de censure destituant le gouvernement. Dès lors, le gouvernement n’avait plus aucune existence légale. Mais bien que le Building administratif eut été encerclé et son accès interdit par les parachutistes, M. Mamadou Dia refusait de s’incliner devant la loi. Cependant, une autre scène se déroulait dans le même temps au commissariat central de Dakar. Envoyé par le président Senghor avec un ordre de libérer les quatre députés illégalement emprisonnés, le capitaine Pereira et son petit groupe de parachutistes n’avaient pu obtenir satisfaction. Il avait fallu que le président Guillabert intervînt lui-même pour que les députés fussent  enfin libérés. Mais un groupe de partisans du gouvernement déchu tenait encore l’immeuble de la radio. C’est de Yeumbeul qu’avait été diffusé l’appel du président Senghor dont la fin avait été coupée par les occupants de la radio. Dans la soirée, avec des haut-parleurs, du huitième étage du Building administratif, les partisans de M. Mamadou Dia avaient tenté de lancer des slogans à la foule mais sans succès car ces slogans étaient couverts par le son émanant des haut-parleurs de la Présidence de la République diffusant les appels du Chef de l’Etat au Peuple sénégalais. Enfin, dans la nuit du 17 au 18 décembre, entre 3 heures et 4 heures du matin, les unités de gendarmerie et leurs chefs, après avoir pris conseil du colonel Jean Alfred Diallo, Chef d’état-major, s’étaient rendus à la Présidence de la République avec à leur tête le commandant Tamsir Ba de la Garde Républicaine pour assurer le Chef de l’Etat de leur fidélité. M. Mamadou Dia sera arrêté le lendemain, 18 décembre 1962 à 18 heures. Certains ministres du gouvernement déchu subiront le même sort : il s’agit de MM. Waldiodio Ndiaye, Alioune Tall, Joseph Mbaye et Ibrahima Sarr.

Autres articles

Première alternance politique au Sénégal

Première alternance politique au Sénégal

L'Afrique Occidentale Française (A.O.F.)

L'Afrique Occidentale Française (A.O.F.)

Grand Magal de Touba

Grand Magal de Touba

Ephémerides du jour

  • 29 Septembre 2026
    Dans le cadre de la 2e journée des qualifications à la Coupe d'Afrique des Nations de football (CAN 2027), l'équipe du Sénégal coachée par Patrick VIERA l'emporte sur le score de 1-0 sur celle de l'Éthiopie au Stade International de Bahir Dor, capitale de la région d’Amhara, dans le nord-ouest de l'Éthiopie. Le but a été marqué par Ibrahim MBAYE à la 12e minute de jeu.
  • 29 Septembre 2026
    Cérémonie officielle d'installation au Grand Théâtre national à Dakar par le Président Bassirou Diomaye FAYE du Conseil Consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS). Des élections ont été organisées au niveau des communes, départements et régions. Le 28 juin 2026, les membres du collège national ont élu Mbaye KÉBÉ à la présidence du Conseil. Créé le 5 décembre 2025  le CCJS a pour mission d’émettre des avis et recommandations sur les politiques publiques concernant les jeunes, d’assurer une représentation de la jeunesse dans les espaces de décision et de favoriser le dialogue entre les jeunes et les pouvoirs publics. Il s'inscrit dans la réforme de la représentation institutionnelle de la jeunesse et remplace le Conseil National de la Jeunesse du Sénégal (CNJS) créé en 1954, reconnu officiellement par l'État le  25 novembre 1994.
  • 29 Septembre 2025
    A Hong Kong le Sénégalais Mamadou Amadou LY, Directeur exécutif des Associés pour la Recherche et l'Éducation au service du Développement (ARED) à Dakar, est désigné vainqueur du Prix Yidan 2025, en compagnie du professeur Uri WILENSKY de la Northwestern University d'Evanston (États-Unis d'Amérique). Ce prix qui est la plus haute distinction mondiale dans le domaine de l'éducation récompense les acteurs du changement en matière de recherche et de développement dont le travail est orienté vers l'avenir, innovant, transformateur et durable. La remise du prix par la Yidan Prize Foundation est prévue le 6 décembre 2025 à Hong Kong. En remportant ce prix, Mamadou Amadou LY va recevoir 3,8 millions de dollars US, soit 2,1 milliards de francs CFA, dont la moitié sera versée à un fonds de projet.
  • 29 Septembre 2025
    Ouverture à Dakar de la 14e session ordinaire de l'Assemblée générale du Conseil des ministres africains de l'eau. Cet important rassemblement a réuni près d'une trentaine de délégations et 17 ministres en charge des ressources hydriques. La grande innovation a été l'adoption de la Vision africaine de l'eau 2063, la nouvelle feuille de route pour la gestion de l'eau en Afrique. La Vision 2063 repose sur plusieurs piliers fondamentaux : la gestion intégrée de la ressource, son utilisation comme levier de transformation économique et social, et la mobilisation prioritaire de financements domestiques. Le document intègre également l'innovation technologique et le numérique pour une gestion de qualité de l'eau.
  • 29 Septembre 2024
    En finale du tournoi de football UFOA des moins de 20 ans organisé au Libéria, l'équipe du Sénégal coachée par Serigne Saliou DIA l'emporte sur celle de la Sierra Léone par 2 buts à 0 au Samuel Kanyon Doe Stadium de Monrovia. Les buts ont été marqués par Cheikh Tidiane THIAM et Ibrahima DIENG.
  • 29 Septembre 2019
    L'ancien maire socialiste de Dakar Khalifa Ababacar SALL, condamné le 30 mars 2018 à une peine de 5 ans de prison ferme assortie d'une amende de 5 millions de FCFA dans l'affaire dite "de la caisse d'avance de la mairie de Dakar", est gracié par le Président Macky SALL.
  • 29 Septembre 2019 Décès en détention en Arabie saoudite de l'ancien député libéral (PDS) de Sédhiou Alcaly CISSÉ. Il avait été arrêté au Maroc en 2012 en exécution d'un mandat d'arrêt international le concernant dans une affaire judiciaire l'opposant à des Saoudiens. Il avait été extradé en Arabie Saoudite par le Maroc en 2014. Condamné à six ans de prison ferme, il purgeait très difficilement sa peine. En 2010, la justice sénégalaise l'avait relaxé dans cette affaire. Alcaly CISSÉ a été inhumé à Djeddah en Arabie Saoudite.
  • 29 Septembre 2018
    Soham EL WARDINI remplace Khalifa Ababacar SALL à la tête de la municipalité de Dakar. Celui-ci avait été révoqué le 31 août 2018 à la suite de sa condamnation, le 30 mars 2018, à une peine de 5 ans de prison ferme assortie d'une amende de 5 millions de francs CFA, dans l'affaire de la caisse d'avance de la mairie de Dakar. Soham EL WARDINI est la première femme maire de Dakar depuis la création de la commune en 1887.
  • 29 Septembre 2009
    L'Institut Pasteur de Dakar (IPD) devient une fondation de droit Sénégalais. Fondé en 1896 par l'un des disciples de Louis PASTEUR, Émile MARCHOUX, pour promouvoir la santé publique et le bien-être en Afrique de l'Ouest, l'institut a toujours été à la pointe de la lutte contre les maladies infectieuses.
  • 29 Septembre 1998
    Décès à Dakar à l"âge de 68 ans de Mady CISSOKHO, ancien maire de la ville de Tambacounda (1966-1973), ancien ministre d'État, le seul à une époque où il n'y avait pas encore de Premier Ministre à la tête du gouvernement. C'est lui qui assurait l'intérim lorsque le président Léopold Sédar SENGHOR était absent du pays (1965-1969).
  • 29 Septembre 1987
    Le Sénégal signe une convention fiscale avec la Belgique. Cette convention entrera en vigueur le 4 février 1993. La coopération entre la République du Sénégal et le royaume de Belgique existe officiellement depuis 1968 et couvre de nombreux domaines.
  • 29 Septembre 1966
    Monseigneur Augustin SAGNA est nommé Évêque de Ziguinchor. Il succède à Monseigneur Prosper DODDS nommé Évêque de Saint-Louis. Ordonné prêtre en 1950, il est resté Evêque jusqu'à sa succession en 1993 par Monseigneur Maixent COLY.  Monseigneur Augustin SAGNA est décédé à Ziguinchor le 12 décembre 2012. à l'âge de 92 ans.
  • 29 Septembre 1931
    Décès à Saint-Louis à l'âge de 58 ans d'Abdoulaye SECK Marie Parsine premier bachelier originaire de la colonie du Sénégal en 1889 (à l'âge de 16 ans), premier directeur d'école, premier autochtone directeur des Postes du Sénégal et de la Mauritanie de 1893 à 1924. Des rues portent son nom à Dakar et à Saint-Louis.
  • 29 Septembre 1916
    Adoption par l'Assemblée nationale française de la loi Blaise Diagne, du nom du député du Sénégal qui en est l'initiateur. Le texte confère la citoyenneté française aux natifs des quatre communes de plein exercice du Sénégal (Saint-Louis, Gorée, Rufisque, Dakar) et à leurs descendants.