Le Royaume du Djolof
Le Royaume du Djolof
Djolof
Le Djolof (ou Jolof) était un empire situé dans l'actuel Sénégal qui d'après la tradition fut fondé par Ndiadiane Ndiaye, premier bourba (buur-ba = roi) djolof. Il fut vassal de l'empire du Mali et de l'empire songhaï.
Celui-ci avait été élu comme chef dans ce qui allait devenir le royaume du Oualo, au nord-ouest de l'actuel Sénégal, dans la région du fleuve. De là, il réunit toutes les populations d'ethnie wolof pour fonder cet empire au xiiie siècle. C'est le clan des N'diaye qui dirigea l'empire. Ce patronyme wolof existe toujours aujourd'hui. Les habitants du Djolof, sont appelés les Djolof-Djolof
Histoire
L'empire du Djolof englobait les États du Cayor, Baol, Walo, Sine, Saloum, une partie du Fouta-Toro et également une partie du Bambouk. Toutes ces régions correspondent à l'espace sénégambien et englobaient également une partie de la Mauritanie actuelle. C'est entre la fin du xiie siècle et début du xiiie siècle qu'il fut bâti, par le clan Ndiaye. La construction de cet État est l'aboutissement du regroupement, et de l'organisation des futurs Wolof à cette époque. En effet, à cette époque en cette région du Djolof, vivaient divers peuples,Toucouleurs, Peuls, Sereres, Soninkés, Maures. Ces diverses peuples, au fil des interactions et des brassages, finirent par créer une culture homogène, ainsi qu'une langue commune. Ensemble ils formeront le peuple Wa-laf, Wa signifiant ceux du pays Laf, les Wolofs d'aujourd'hui. Cet ensemble sous la houlette de Ndiadiane Ndiaye fonderont l'État du Djolof. Le pays Laf comprend toutes les régions du Waalo, Cayor, Djolof, Baol. Le mot Laf signifiant "La Rive".
Après avoir rayonné et englobé la presque totalité du nord et du centre de la Sénégambie, l'empire s'effondra en 1549, avec la mort du dernier empereur du Djolof, Lélé Fouli Fak Ndiaye, qui fut tué lors de la bataille de Danki, qui se déroula près de Diourbel, dans l'ancienne région du Baol. Il fut tué par Amari Ngoné Sobel Fall, le fils du chef de la région du Cayor de l'époque Déthié Fou Ndiogou Fall, qui allait devenir le premier damel (roi) du Cayor après un conflit dû à une offense que lui avait fait subir Lélé Fouli Fak, ce dernier voulant sanctionner la non participation du Cayor aux impôts annuels. Parmi les premières causes de la chute de l'empire, il y a également la conquête du Royaume du Namandirou vassal du Djolof, par le conquérant Denianke Koli Tenguella. Le Djolof est resté vassal de l'empire du Mali pendant un siècle. À partir de là, les autres États allaient, tour à tour, prendre leur indépendance jusqu'à réduire le grand empire du Djolof aux dimensions d'une royauté dans la partie centrale du pays. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les colons français annexèrent progressivement tous les royaumes du Sénégal. Le Djolof fut le dernier royaume annexé avec le dernier bourba djolof, Bouna Alboury Ndiaye, sous l'impulsion de Louis Faidherbe.
En ce qui concerne l'organisation territoriale, le Djolof était divisé en lamanats, tous dirigés par un lamane. Ces lamanats étaient plus ou moins divisés en communes, et le chef de tous les lamanes était le kangame, qui fait partie des notables qui élisent le nouveau roi.
La capitale de l'empire du Djolof était à l'origine de la ville de Thieng, puis après l'éclatement de l'empire, la capitale a été transférée à Yang-Yang. Dans chaque lamanat étaient construits des tatas, forteresses, sorte de miradors, à but essentiellement militaire. D'un point de vue économique, l'empire du Djolof vivait du commerce transsaharien. L'une des causes de son éclatement est aussi due au fait que les royaumes côtiers et vassaux du Djolof, le Cayor, le Waalo, le Baol, le Sine et le Saloum, en bénéficiant du commerce transatlantique, plus rentable, ont pu devenir plus puissants économiquement, et donc se libérer de l'emprise du Djolof avec plus de facilité.
Le Fouta-Toro, ancien vassal du Djolof, a pu récupérer ses terres prises par le Djolof grâce au personnage Koli Tenguella, ceci pendant que les autres royaumes prenaient leur indépendance tour à tour. Le Djolof a également après son éclatement dû faire face au djihad toucouleur, surtout pendant le xixe siècle notamment avec le marabout Toucouleur venant du Saloum à Nioro du Rip, Maba Diakhou Bâ, l'un des descendants de Koli Tenguella, et aussi l'un des disciples de Omar Foutihou Tall, avec Ahmadou Cheikhou, un marabout toroodo du Fouta-Toro, qui réussit à imposer sa domination au Djolof pendant quatre ans, sans compter les raids des Maures. Le royaume a aussi été très souvent au cours des siècles en conflit avec le Cayor. En dernier le Djolof dut longtemps lutter contre les colons français qui réussiront à annexer le Djolof pendant les années 1890. Le dernier bourba, Bouna Alboury Ndiaye, a été au même titre que Lat Dior l'un des plus grands rois et résistants contre la colonisation au Sénégal.
Religions
Au Djolof cohabitaient les islamisés et ceux appartenant à la tradition tiédo/ceddo, religion d'origine des Wolofs. L'islam pénétra très tôt au Djolof dès le début de sa création, avec les marabouts mandingues / soninkes, toucouleurs (peuls) et maures venus s'installer au Djolof. Le Djolof est encore aujourd'hui le haut-lieu de la confrérie musulmane Qadiriyya, où elle est largement majoritaire, qui est en fait la plus ancienne confrérie de l'Afrique de l'Ouest pour ne pas dire de l'Afrique musulmane. Le village de Ndogandou aux alentours de la ville de Dahra, centre économique du Djolof, abrite la plus ancienne communauté de "ahloul bayti" (litt. descendants du prophète Mahomet). Par la suite, El hadj Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, parachèveront le processus d'islamisation du Djolof, à la fin du xixe siècle. Leur tâche a été grandement facilitée par le zèle prosélyte de leurs délégués. En tout état de cause, il en fut comme avec le colonialisme. Les premiers adhérents au nouveau système ou dogme furent toujours les individus ou groupes défavorisés par l'ordre social courant....
Ethnies et langues
Du point de vue ethnique, au Djolof, deux ethnies étaient majoritaires, les wolofs et les peuls. Les Wolofs du Djolof ont pour beaucoup des origines sérère (sarr, ndiaye, ngom...) ou peul / toucouleur (sy, niang, gaye, seck...). Les peuls vivent disséminés autour des gros villages qui abritent les points d'eau. Il y a au Djolof une très ancienne cohabitation entre Peuls et Sereres. Le Djolof était considéré par ces groupes d'éleveurs comme la terre par excellence des pâturages de l'hivernage et le Saloum comme celle des pâturages de la sècheresse. Cette conception prévaut de nos jours et explique le caractère ténu des frontières entre les deux terroirs.
De ce point de vue, l'hypothèse du peuplement du djolof à partir du Sud se trouve accréditée.
On remarquera que les différentes langues ont été phagocytées par le wolof et le poular, les deux langues prédominantes. Tous les patronymes du nord et du centre du Senegal se retrouvent au Djolof auxquels s'ajoutent d'autres qui lui sont propres comme Lekor, Fleur, Thiebane, Thiongane, Mangane, Coundoul, Lakh etc.. En tout état de cause, le Djolof, carrefour multiéthnique et pluriculturel, est bien le noyau de l'actuel Sénégal.
Aujourd'hui, du point de vue linguistique, le wolof du Djolof est influencé par le dialecte pulaar, de la même manière que le wolof du Sine et du Saloum est teinté de sérère et le wolof de la presqu'île du Cap-Vert d'accents lébous.
Des Mandingues, grands commerçants, y vivaient aussi, surtout soce (malinke) et sarakhollé, ainsi que des familles familles maures (babou, sadi, diakhoumpa...) qui pratiquaient, comme au Cayor, l'élevage équin. Ils étaient de grands vendeurs de chevaux et de grands maroquiniers.
Organisation sociale
L'ethnie wolof a longtemps régné sur ce royaume. Cette communauté est très hiérarchisée, elle est divisée en castes, chacune ayant un rôle bien défini.
On trouve au sommet de la hiérarchie, les geer (noble) qui compte en leurs sein les garmi l'aristocratie éligible pour exercer la royauté. Ils détiennent le pouvoir politique et temporel.
Viennent ensuite les jaam buur qui sont des hommes libres propriétaires terriens, souvent riches commerçants, ainsi que les serin qui sont les marabouts souvent d'origine sarakhollé, les marabouts souvent très aisés détiennent le pouvoir spirituel et sont très écoutés des rois et de l'aristocratie.
Les jaambuur étaient des vassaux du roi, mais d'égale dignité avec les nobles. Ils étaient généralement issus de l'ethnie sereres et peuls. De ces deux communautés étaient issus les grands matrilignages des quelles les buurba devaient être issus pour pouvoir régner. Ceux détenant le pouvoir spirituelle étaient des conseillers de la noblesse. Ils participaient à l'administration du royaume à travers leurs conseils ou oracles autant qu'à la protection mystique de la famille royale. Ces prêtres (saltige ou serin) étaient aussi des propriétaires fonciers en ce sens que le souverain leur donnait un droit d'usage sur des domaines bien déterminés dont les limites étaient respectées par tous. Il faut dire qu'ils devaient ce respect et cette considération, en grande partie, à leur savoir. Les tenants du pouvoir spirituelle étaient à l'origine des ceddos. Le clergé musulman constituer par les doomi soxna / serin, étaient aussi présent. Durant le XIXe siècle ou l'islam se propageât par les djihad, des conflits opposa les deux ordres (ceddo et serin). Avec l’avancée de l'islam, la prêtrise traditionnel furent dissolut, aux profits des musulmans. La noblesse, qui était ceddo de tradition, elle aussi furent à la fin complètement convertis à l'islam à la fin du XIXe siècle.
En général les jaambuur qu'ils soient marabouts ou riches propriétaires terriens avaient malgré leurs rôles de médiateurs et de conseillers, peu de pouvoir de décisions.
Venaient ensuite les badolo, que l'on définissait comme ceux qui ne possèdent personne et que personne ne possède, ils formaient la masse paysanne et le gros du peuple.
Vient ensuite la caste des nyenyo ou gnegno , eux-mêmes divisés par corps de métier. Au sommet des nyenyo on trouve les tegg qui sont les forgerons. Ils maîtrisent l'art du métal, ce sont eux qui fabriquaient les armes pour la guerre. Les tegg sont aussi des bijoutiers et leurs femmes sont potières. Puis les Laobés, artisans du bois aux origines peuls, bien qu'un grand nombre de gnegno soient d'origine peuls, les rabb sont les tisserands, les woudés eux travaillent le cuir.
Les guéweul (les griots) une autre caste occupent une place très importante, ce sont les historiens, les musiciens, chanteurs, généalogistes, compteurs. La plupart des familles gèèr sont liées à des familles guéweuls ou griottes, qui étaient chargés de glorifier leurs nobles et de chanter leur généalogie entre autres en retour ces familles nobles devaient protection et assistance à leurs griots. Ils sont les libres dépositaires de la tradition orale et sont réputés pour leur connaissance des lignées familiales (relations de parenté) et de l'histoire du terroir.
En bas de l'échelle sociale, on retrouve les captifs,jaam en wolof, chaque famille noble comme castée en possédait si elle en avait les moyens. Il portaient le patronyme de la famille qui les tient en servage à laquelle ils sont très attachés. Il y avait trois catégorie de captifs: - Les Jaami juddu sont ceux nés dans la propriété familiale, c'étaient les servants domestiques. - Les captifs du roi ou Jaami Buur avaient eux, un statut très particulier, car le chef des captifs, le farba kaba, lui-même captif du roi, faisait partie de l'assemblée des notables du royaume qui élisent le nouveau roi. C'est parmi les captifs du roi que l'on recrutait les guerriers du royaume, les tiédos. Très courageux, ils forment la plus grande partie des soldats. Nous noterons aussi qu'il pouvait s'agir de mercenaires. Au demeurant, le terme ceddo / tiédo d'obédience peule signifie « celui qui est venu passer la sècheresse » et renvoie donc à la notion d' "étranger" dans toutes les contrées habitées par les peuls. - Les Jaami Sayoor étaient les prisonniers de guerres, ou captifs de traite destinés exclusivement à la vente.
Les Jaam, toutes catégories confondues, possédaient tous un terrain propre où ils vivaient, élevaient leurs familles et cultivaient, mais ils restaient sous l'autorité de la famille qu'ils servaient.
L'ethnie wolof pratiquait une endogamie très forte, et les mariages avaient lieu exclusivement au sein d'une même caste et catégorie sociale.
La société djolofienne est marquée par plusieurs conflits. Conflits entre sédentaires (wolof agriculteurs) et nomades (pasteurs peuls), conflits confrériques dus à l'expansionnisme agricole mouride... conflits politiques, enfin, qui épousent malheureusement des contours ethniques.
Les souverains du Djolof (Buur-ba Jolof)
Ndiadiane Ndiaye (1350-1370)
Sare Ndiaye (1370-1390)
NDiklam Sare Ndiaye (1390-1420)
Tioukouli NDiklam Ndiaye (1420-1440)
Leeyti Tioukouli Ndiaye (1440-1450)
Ndièlene Mbey Leeyti Ndiaye (1450-1465)
Birahim Ndieme Eter Ndiaye (1465-1481)
Tase Daagulen Ndiaye (1481-1488)
Birahim Kuran Kan Ndiaye (1488-1492)
Boukaar Biye Sungoule Ndiaye (1492-1527)
Birayma Ndieme Kumba Ndiaye (1527-1543)
Leelé Fouli Fak Ndiaye (1543-1549)
Al Bouri Penda Ndiaye (1549-1566)
Laat-Samba Ndiaye (1566-1597)
Gireun Bouri Dyelen Ndiaye (1597-1605)
Birahim Penda Ndiaye (1605-1649)
Birahim Mba Ndiaye (1649-1670)
Bakar Penda Ndiaye (1670-1711)
Baakane Tam Gane Ndiaye (1711-1721)
Al Bouri Diakher Ndiaye (1721-1740)
Birayamb Ndiaye (1740-1748)
Birawa Keme Ndiaye (1748-1750)
Laat Kodou Ndiaye (1750-1755)
Baka Tam Bouri Niabou Ndiaye (1755-1763)
Mba Kompass Ndiaye (1763-1800)
Mba Bouri Niabou Ndiaye(1800-1818)
Birayamb Koumba Gueye Ndiaye (1818-1838)
Al Bouri Tam Ndiaye (1838-1845)
Baka Kodou Ndiaye (1845-1847)
Birayamb Arame Ndiaye (1847-1849)
Birahima Penda Ndiaye (1849)
Mbanyi Paate Ndiaye (1849)
Lat-Kodou Ndiaye (1849)
(vacance temporaire du pouvoir)
Birayamb Madjiguène Ndiaye (1850-1855)
Al Bouri Peya Ndiaye (1855-1856)
Baakane Tam Yaago Ndiaye (1856-1858)
Taanor Dieng(1858-1863)
Baakane Tam Khaari Ndiaye (1863-1871)
Amadou Cheikhou Bâ(1871-1875)
Alboury Ndiaye (1875-1890)
Bouna Alboury Ndiaye (il a été capturé par les colons au moment de l'exil de son père pour être mis d'office à l'école des fils de chefs à Saint-Louis avant d'être intronisé Bourba, par la bénédiction des colons, pour succéder à son oncle Ali Bouri Penda, demi-frère de Alboury Ndiaye, qui a, en vérité, succédé à ce dernier dans des circonstances encore troubles et à la suite d'évènements inter-familiaux controversés)
Celui-ci avait été élu comme chef dans ce qui allait devenir le royaume du Oualo, au nord-ouest de l'actuel Sénégal, dans la région du fleuve. De là, il réunit toutes les populations d'ethnie wolof pour fonder cet empire au xiiie siècle. C'est le clan des N'diaye qui dirigea l'empire. Ce patronyme wolof existe toujours aujourd'hui. Les habitants du Djolof, sont appelés les Djolof-Djolof
Histoire
L'empire du Djolof englobait les États du Cayor, Baol, Walo, Sine, Saloum, une partie du Fouta-Toro et également une partie du Bambouk. Toutes ces régions correspondent à l'espace sénégambien et englobaient également une partie de la Mauritanie actuelle. C'est entre la fin du xiie siècle et début du xiiie siècle qu'il fut bâti, par le clan Ndiaye. La construction de cet État est l'aboutissement du regroupement, et de l'organisation des futurs Wolof à cette époque. En effet, à cette époque en cette région du Djolof, vivaient divers peuples,Toucouleurs, Peuls, Sereres, Soninkés, Maures. Ces diverses peuples, au fil des interactions et des brassages, finirent par créer une culture homogène, ainsi qu'une langue commune. Ensemble ils formeront le peuple Wa-laf, Wa signifiant ceux du pays Laf, les Wolofs d'aujourd'hui. Cet ensemble sous la houlette de Ndiadiane Ndiaye fonderont l'État du Djolof. Le pays Laf comprend toutes les régions du Waalo, Cayor, Djolof, Baol. Le mot Laf signifiant "La Rive".
Après avoir rayonné et englobé la presque totalité du nord et du centre de la Sénégambie, l'empire s'effondra en 1549, avec la mort du dernier empereur du Djolof, Lélé Fouli Fak Ndiaye, qui fut tué lors de la bataille de Danki, qui se déroula près de Diourbel, dans l'ancienne région du Baol. Il fut tué par Amari Ngoné Sobel Fall, le fils du chef de la région du Cayor de l'époque Déthié Fou Ndiogou Fall, qui allait devenir le premier damel (roi) du Cayor après un conflit dû à une offense que lui avait fait subir Lélé Fouli Fak, ce dernier voulant sanctionner la non participation du Cayor aux impôts annuels. Parmi les premières causes de la chute de l'empire, il y a également la conquête du Royaume du Namandirou vassal du Djolof, par le conquérant Denianke Koli Tenguella. Le Djolof est resté vassal de l'empire du Mali pendant un siècle. À partir de là, les autres États allaient, tour à tour, prendre leur indépendance jusqu'à réduire le grand empire du Djolof aux dimensions d'une royauté dans la partie centrale du pays. Dans la seconde moitié du xixe siècle, les colons français annexèrent progressivement tous les royaumes du Sénégal. Le Djolof fut le dernier royaume annexé avec le dernier bourba djolof, Bouna Alboury Ndiaye, sous l'impulsion de Louis Faidherbe.
En ce qui concerne l'organisation territoriale, le Djolof était divisé en lamanats, tous dirigés par un lamane. Ces lamanats étaient plus ou moins divisés en communes, et le chef de tous les lamanes était le kangame, qui fait partie des notables qui élisent le nouveau roi.
La capitale de l'empire du Djolof était à l'origine de la ville de Thieng, puis après l'éclatement de l'empire, la capitale a été transférée à Yang-Yang. Dans chaque lamanat étaient construits des tatas, forteresses, sorte de miradors, à but essentiellement militaire. D'un point de vue économique, l'empire du Djolof vivait du commerce transsaharien. L'une des causes de son éclatement est aussi due au fait que les royaumes côtiers et vassaux du Djolof, le Cayor, le Waalo, le Baol, le Sine et le Saloum, en bénéficiant du commerce transatlantique, plus rentable, ont pu devenir plus puissants économiquement, et donc se libérer de l'emprise du Djolof avec plus de facilité.
Le Fouta-Toro, ancien vassal du Djolof, a pu récupérer ses terres prises par le Djolof grâce au personnage Koli Tenguella, ceci pendant que les autres royaumes prenaient leur indépendance tour à tour. Le Djolof a également après son éclatement dû faire face au djihad toucouleur, surtout pendant le xixe siècle notamment avec le marabout Toucouleur venant du Saloum à Nioro du Rip, Maba Diakhou Bâ, l'un des descendants de Koli Tenguella, et aussi l'un des disciples de Omar Foutihou Tall, avec Ahmadou Cheikhou, un marabout toroodo du Fouta-Toro, qui réussit à imposer sa domination au Djolof pendant quatre ans, sans compter les raids des Maures. Le royaume a aussi été très souvent au cours des siècles en conflit avec le Cayor. En dernier le Djolof dut longtemps lutter contre les colons français qui réussiront à annexer le Djolof pendant les années 1890. Le dernier bourba, Bouna Alboury Ndiaye, a été au même titre que Lat Dior l'un des plus grands rois et résistants contre la colonisation au Sénégal.
Religions
Au Djolof cohabitaient les islamisés et ceux appartenant à la tradition tiédo/ceddo, religion d'origine des Wolofs. L'islam pénétra très tôt au Djolof dès le début de sa création, avec les marabouts mandingues / soninkes, toucouleurs (peuls) et maures venus s'installer au Djolof. Le Djolof est encore aujourd'hui le haut-lieu de la confrérie musulmane Qadiriyya, où elle est largement majoritaire, qui est en fait la plus ancienne confrérie de l'Afrique de l'Ouest pour ne pas dire de l'Afrique musulmane. Le village de Ndogandou aux alentours de la ville de Dahra, centre économique du Djolof, abrite la plus ancienne communauté de "ahloul bayti" (litt. descendants du prophète Mahomet). Par la suite, El hadj Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, parachèveront le processus d'islamisation du Djolof, à la fin du xixe siècle. Leur tâche a été grandement facilitée par le zèle prosélyte de leurs délégués. En tout état de cause, il en fut comme avec le colonialisme. Les premiers adhérents au nouveau système ou dogme furent toujours les individus ou groupes défavorisés par l'ordre social courant....
Ethnies et langues
Du point de vue ethnique, au Djolof, deux ethnies étaient majoritaires, les wolofs et les peuls. Les Wolofs du Djolof ont pour beaucoup des origines sérère (sarr, ndiaye, ngom...) ou peul / toucouleur (sy, niang, gaye, seck...). Les peuls vivent disséminés autour des gros villages qui abritent les points d'eau. Il y a au Djolof une très ancienne cohabitation entre Peuls et Sereres. Le Djolof était considéré par ces groupes d'éleveurs comme la terre par excellence des pâturages de l'hivernage et le Saloum comme celle des pâturages de la sècheresse. Cette conception prévaut de nos jours et explique le caractère ténu des frontières entre les deux terroirs.
De ce point de vue, l'hypothèse du peuplement du djolof à partir du Sud se trouve accréditée.
On remarquera que les différentes langues ont été phagocytées par le wolof et le poular, les deux langues prédominantes. Tous les patronymes du nord et du centre du Senegal se retrouvent au Djolof auxquels s'ajoutent d'autres qui lui sont propres comme Lekor, Fleur, Thiebane, Thiongane, Mangane, Coundoul, Lakh etc.. En tout état de cause, le Djolof, carrefour multiéthnique et pluriculturel, est bien le noyau de l'actuel Sénégal.
Aujourd'hui, du point de vue linguistique, le wolof du Djolof est influencé par le dialecte pulaar, de la même manière que le wolof du Sine et du Saloum est teinté de sérère et le wolof de la presqu'île du Cap-Vert d'accents lébous.
Des Mandingues, grands commerçants, y vivaient aussi, surtout soce (malinke) et sarakhollé, ainsi que des familles familles maures (babou, sadi, diakhoumpa...) qui pratiquaient, comme au Cayor, l'élevage équin. Ils étaient de grands vendeurs de chevaux et de grands maroquiniers.
Organisation sociale
L'ethnie wolof a longtemps régné sur ce royaume. Cette communauté est très hiérarchisée, elle est divisée en castes, chacune ayant un rôle bien défini.
On trouve au sommet de la hiérarchie, les geer (noble) qui compte en leurs sein les garmi l'aristocratie éligible pour exercer la royauté. Ils détiennent le pouvoir politique et temporel.
Viennent ensuite les jaam buur qui sont des hommes libres propriétaires terriens, souvent riches commerçants, ainsi que les serin qui sont les marabouts souvent d'origine sarakhollé, les marabouts souvent très aisés détiennent le pouvoir spirituel et sont très écoutés des rois et de l'aristocratie.
Les jaambuur étaient des vassaux du roi, mais d'égale dignité avec les nobles. Ils étaient généralement issus de l'ethnie sereres et peuls. De ces deux communautés étaient issus les grands matrilignages des quelles les buurba devaient être issus pour pouvoir régner. Ceux détenant le pouvoir spirituelle étaient des conseillers de la noblesse. Ils participaient à l'administration du royaume à travers leurs conseils ou oracles autant qu'à la protection mystique de la famille royale. Ces prêtres (saltige ou serin) étaient aussi des propriétaires fonciers en ce sens que le souverain leur donnait un droit d'usage sur des domaines bien déterminés dont les limites étaient respectées par tous. Il faut dire qu'ils devaient ce respect et cette considération, en grande partie, à leur savoir. Les tenants du pouvoir spirituelle étaient à l'origine des ceddos. Le clergé musulman constituer par les doomi soxna / serin, étaient aussi présent. Durant le XIXe siècle ou l'islam se propageât par les djihad, des conflits opposa les deux ordres (ceddo et serin). Avec l’avancée de l'islam, la prêtrise traditionnel furent dissolut, aux profits des musulmans. La noblesse, qui était ceddo de tradition, elle aussi furent à la fin complètement convertis à l'islam à la fin du XIXe siècle.
En général les jaambuur qu'ils soient marabouts ou riches propriétaires terriens avaient malgré leurs rôles de médiateurs et de conseillers, peu de pouvoir de décisions.
Venaient ensuite les badolo, que l'on définissait comme ceux qui ne possèdent personne et que personne ne possède, ils formaient la masse paysanne et le gros du peuple.
Vient ensuite la caste des nyenyo ou gnegno , eux-mêmes divisés par corps de métier. Au sommet des nyenyo on trouve les tegg qui sont les forgerons. Ils maîtrisent l'art du métal, ce sont eux qui fabriquaient les armes pour la guerre. Les tegg sont aussi des bijoutiers et leurs femmes sont potières. Puis les Laobés, artisans du bois aux origines peuls, bien qu'un grand nombre de gnegno soient d'origine peuls, les rabb sont les tisserands, les woudés eux travaillent le cuir.
Les guéweul (les griots) une autre caste occupent une place très importante, ce sont les historiens, les musiciens, chanteurs, généalogistes, compteurs. La plupart des familles gèèr sont liées à des familles guéweuls ou griottes, qui étaient chargés de glorifier leurs nobles et de chanter leur généalogie entre autres en retour ces familles nobles devaient protection et assistance à leurs griots. Ils sont les libres dépositaires de la tradition orale et sont réputés pour leur connaissance des lignées familiales (relations de parenté) et de l'histoire du terroir.
En bas de l'échelle sociale, on retrouve les captifs,jaam en wolof, chaque famille noble comme castée en possédait si elle en avait les moyens. Il portaient le patronyme de la famille qui les tient en servage à laquelle ils sont très attachés. Il y avait trois catégorie de captifs: - Les Jaami juddu sont ceux nés dans la propriété familiale, c'étaient les servants domestiques. - Les captifs du roi ou Jaami Buur avaient eux, un statut très particulier, car le chef des captifs, le farba kaba, lui-même captif du roi, faisait partie de l'assemblée des notables du royaume qui élisent le nouveau roi. C'est parmi les captifs du roi que l'on recrutait les guerriers du royaume, les tiédos. Très courageux, ils forment la plus grande partie des soldats. Nous noterons aussi qu'il pouvait s'agir de mercenaires. Au demeurant, le terme ceddo / tiédo d'obédience peule signifie « celui qui est venu passer la sècheresse » et renvoie donc à la notion d' "étranger" dans toutes les contrées habitées par les peuls. - Les Jaami Sayoor étaient les prisonniers de guerres, ou captifs de traite destinés exclusivement à la vente.
Les Jaam, toutes catégories confondues, possédaient tous un terrain propre où ils vivaient, élevaient leurs familles et cultivaient, mais ils restaient sous l'autorité de la famille qu'ils servaient.
L'ethnie wolof pratiquait une endogamie très forte, et les mariages avaient lieu exclusivement au sein d'une même caste et catégorie sociale.
La société djolofienne est marquée par plusieurs conflits. Conflits entre sédentaires (wolof agriculteurs) et nomades (pasteurs peuls), conflits confrériques dus à l'expansionnisme agricole mouride... conflits politiques, enfin, qui épousent malheureusement des contours ethniques.
Les souverains du Djolof (Buur-ba Jolof)
Ndiadiane Ndiaye (1350-1370)
Sare Ndiaye (1370-1390)
NDiklam Sare Ndiaye (1390-1420)
Tioukouli NDiklam Ndiaye (1420-1440)
Leeyti Tioukouli Ndiaye (1440-1450)
Ndièlene Mbey Leeyti Ndiaye (1450-1465)
Birahim Ndieme Eter Ndiaye (1465-1481)
Tase Daagulen Ndiaye (1481-1488)
Birahim Kuran Kan Ndiaye (1488-1492)
Boukaar Biye Sungoule Ndiaye (1492-1527)
Birayma Ndieme Kumba Ndiaye (1527-1543)
Leelé Fouli Fak Ndiaye (1543-1549)
Al Bouri Penda Ndiaye (1549-1566)
Laat-Samba Ndiaye (1566-1597)
Gireun Bouri Dyelen Ndiaye (1597-1605)
Birahim Penda Ndiaye (1605-1649)
Birahim Mba Ndiaye (1649-1670)
Bakar Penda Ndiaye (1670-1711)
Baakane Tam Gane Ndiaye (1711-1721)
Al Bouri Diakher Ndiaye (1721-1740)
Birayamb Ndiaye (1740-1748)
Birawa Keme Ndiaye (1748-1750)
Laat Kodou Ndiaye (1750-1755)
Baka Tam Bouri Niabou Ndiaye (1755-1763)
Mba Kompass Ndiaye (1763-1800)
Mba Bouri Niabou Ndiaye(1800-1818)
Birayamb Koumba Gueye Ndiaye (1818-1838)
Al Bouri Tam Ndiaye (1838-1845)
Baka Kodou Ndiaye (1845-1847)
Birayamb Arame Ndiaye (1847-1849)
Birahima Penda Ndiaye (1849)
Mbanyi Paate Ndiaye (1849)
Lat-Kodou Ndiaye (1849)
(vacance temporaire du pouvoir)
Birayamb Madjiguène Ndiaye (1850-1855)
Al Bouri Peya Ndiaye (1855-1856)
Baakane Tam Yaago Ndiaye (1856-1858)
Taanor Dieng(1858-1863)
Baakane Tam Khaari Ndiaye (1863-1871)
Amadou Cheikhou Bâ(1871-1875)
Alboury Ndiaye (1875-1890)
Bouna Alboury Ndiaye (il a été capturé par les colons au moment de l'exil de son père pour être mis d'office à l'école des fils de chefs à Saint-Louis avant d'être intronisé Bourba, par la bénédiction des colons, pour succéder à son oncle Ali Bouri Penda, demi-frère de Alboury Ndiaye, qui a, en vérité, succédé à ce dernier dans des circonstances encore troubles et à la suite d'évènements inter-familiaux controversés)
Ephémerides du jour
- 2 Juin 2023 Cérémonie de réception à Concarneau en France par le ministre des forces armées Sidiki KABA du "Walo", premier patrouilleur lance-missiles de la marine nationale. Les travaux de construction de ce nouveau navire ont duré trois ans depuis la signature du contrat le 17 novembre 2019.
- 2 Juin 2022 Visite à Sotchi en Russie du Président Macky SALL, président en exercice de l'Union Africaine, pour rencontrer le Président Vladimir POUTINE dans le cadre des efforts que mène l’Union pour contribuer à l’accalmie dans la guerre Russo-Ukrainienne et à la libération des stocks de céréales et de fertilisants dont le blocage affecte particulièrement les pays africains. Il est accompagné du Tchadien Moussa Faki MAHAMAT, Président de la Commission de l'Union Africaine.
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2 Juin 2021
Le professeur Ibrahima FALL est nommé Haut Représentant de l'Union Africaine (UA) pour accompagner la transition en République du Tchad. L'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères (1984-1990) sera par la suite remplacé par le diplomate congolais Basile IKOUÉBÉ au motif que le gouvernement du Tchad n'a été informé qu'après sa nomination par l'Union Africaine.
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2 Juin 2019
Un reportage de la Chaîne de radio anglaise BBC révèle un supposé scandale de corruption dans lequel Aliou SALL, le frère du Chef de l’Etat, aurait bénéficié d’un pot-de-vin en contrepartie de l’attribution de concessions pétrolières et gazières dans les eaux sénégalaises.
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2 Juin 2016
Dans une interview accordée à Radio France Internationale au lendemain du lancement du Dialogue national avec les partis d'opposition et la société civile, le Président Macky SALL évoque la possible libération avant la fin de l'année de l'ancien ministre Karim WADE, condamné à 6 années de prison par la Cour de Répression de l'Enrichissement Illicite (CREI).
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2 Juin 2015
Ouverture à Dakar par le Président Macky SALL de la Conférence internationale ministérielle sur le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption en Afrique. Organisée conjointement par le Sénégal, le Qatar et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la rencontre a pour objectif de promouvoir la bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre l’impunité sur le continent africain. La conférence se tient en présence de responsables africains, d’experts internationaux et de représentants des Nations unies, dont l’avocat spécial de l’ONU chargé du recouvrement des biens mal acquis, Dr Ali Bin Fetais AL-MARRI.
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2 Juin 2013
L'ancien Président Tchadien Hissène HABRE réfugié au Sénégal depuis sa perte du pouvoir en 1990 est placé sous mandat de dépôt pour crimes contre l'humanité. Le Sénégal s'engage à organiser son procès.
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2 Juin 2003
Le Petit Train de Banlieue (PTB), une société anonyme détenue par l'État, prend le relais du Petit Train Bleu créé en 1987 par la Société Nationale des Chemins de fer du Sénégal (SNCS) pour la desserte ferroviaire de la banlieue de Dakar.
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2 Juin 1983
Election du poète, grammairien et homme politique Léopold Sédar SENGHOR à l'Académie française. Il.sera officiellement reçu à l'Académie le 29 mars 1984. Il occupera le fauteuil de l'historien et essayiste français Antoine DE LEVIS MIREPOIX (1884-1981).
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2 Juin 1946
Léopold Sédar SENGHOR et Lamine GUEYE sont réélus députés à l'Assemblée nationale française lors des élections de la deuxième constituante pour rédiger la Constitution de la Quatrième République (27 octobre 1946-4 octobre 1958). Le projet constitutionnel de l'assemblée élue le 21 octobre 1945 avait été rejeté par référendum le 5 mai 1946. Léopold Sédar SENGHOR et Lamine GUÈYE avaient été élus députés de la circonscription de Sénégal-Mauritanie le 21 octobre 1945.
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2 Juin 1763
Pierre François Guillaume PONCET DE LA RIVIERE est nommé Gouverneur de l'île de Gorée qui vient d'être restituée à la France. Saint-Louis et le Sénégal demeurent aux Anglais. Saint-Louis et Gorée avaient été enlevés aux Français respectivement en avril et décembre 1758 par les Anglais.



