Blaise Diagne (1872 - 1934)
Premier député noir africain à l'Assemblée Nationale Française
Blaise Diagne, est un homme politique français né le 13 octobre 1872 à Gorée (Quatre communes) au Sénégal et mort le 11 mai 1934 à Cambo-les-Bains (Aquitaine) en France. Il est le premier député Africain élu à la Chambre des députés française. En effet, jusqu'à cette date, les précédents députés Afridescendants au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Il est également le premier Africain sous-secrétaire d'État aux Colonies. Fervent assimilationniste, il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales3 qu'une fois ces dernières installées. Il a également joué un rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales.
Biographie
Né d'un père lébou, cuisinier et marin, Niokhor Diagne, et d'une mère manjaque originaire de Guinée-Bissau Gnagna Anthony Preira, Galaye MBaye Diagne est très tôt adopté par la famille Crespin, une famille métisse de notables de Gorée et de Saint-Louis qui lui donne le prénom de Blaise. Bien que né avant la Conférence de Berlin, en grandissant à Gorée, une de Quatre communes qu'il qualifiera de plus tard de « Berceau de la France Africaine »2, il bénéficie de plein droit de la nationalité française. Ce statut de citoyen français lui permettra d'accéder à d'importantes fonctions dans l'administration coloniale une fois celle-ci mise en place.
Formation
Il apprend très tôt à lire, à écrire et bénéficie d’une éducation solide qui s'appuie sur d'incontestables qualités intellectuelles. Il figure ainsi au palmarès de la distribution des prix de l'école laïque de Saint-Louis en août 1884. La même année débute la conférence de Berlin qui détermine, entre puissance coloniale, les conditions permettant la revendication de territoires colonisés. Les guerres coloniales se poursuivent et avec elles les incursions militaires françaises, Lat Dior est tué le 27 octobre 1886.
Boursier du gouvernement français, le jeune Diagne va poursuivre ses études en France à Aix-en-Provence. Pendant ce temps, la colonisation progresse en Afrique de l'Ouest. Malade, Blaise Diagne revient à Saint‑Louis pour suivre les cours de l'école secondaire Duval où il sera major de sa promotion en 1890.
Il entreprend avec succès le concours de fonctionnaire des douanes en 1891. En 1892, la France entame la colonisation du Dahomey (actuel Bénin) et Blaise Diagne, alors âgé de 19 ans obtient un poste dans l’administration de la colonie. L'Afrique-Occidentale française (AOF) est créée le 16 juin 1895 par l'union des colonies du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire.
Franc-maçonnerie
En septembre 1899, à Saint-Denis, Diagne est devenu franc-maçon.
Il est le premier Africain à siéger, dès 1922, au Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France et donc de fait un des hommes les plus influents de la franc-maçonnerie française.
Il bénéficie de ce parrainage jusqu'à sa mort en 1934, tout en étant largement soutenu par les milieux parlementaires auxquels il renvoie, par effet de miroir, l'image du parfait assimilé. En revanche, les nationalistes sénégalais (surtout les communistes de l'UIC comme Lamine Senghor) le prennent pour cible.
Carrière
Dans l'administration coloniale
Blaise Diagne est entré dans cette administration coloniale en 1892, il est d'abord nommé en :
1892 au Dahomey (actuel Bénin),
1897 au Congo français,
1898 à la Réunion,
1902 à Madagascar, dernier poste où ses opinions avancées déplaisent à Gallieni,
1910, Blaise Diagne est envoyé en Guyane où ses liens avec le gouverneur sont facilités par son appartenance au Grand Orient de France.
Au Parlement
Blaise Diagne et les autres ministres du gouvernement de Pierre Laval en 1932
Blaise Diagne est élu en 1914 député du Sénégal, bénéficiant du statut des « quatre vieilles » communes (Rufisque, Gorée, Saint-Louis et Dakar). Il est le premier Africain de l'empire colonial français à siéger au Palais Bourbon4, il y est surnommé « la voix de l'Afrique »5. Il obtient pour les habitants des quatre communes la citoyenneté en échange de leur conscription en 1916. Membre du groupe Union républicaine-socialiste animé par Maurice Viollette, franc-maçon lui aussi, il est réélu sans interruption jusqu'à sa mort, malgré des campagnes systématiquement hostiles de ses adversaires colonialistes, qui n'aiment pas voir un Africain à l'Assemblée, d'autant que celui-ci est aussi le maire de Dakar. En 1917, lors d'un débat en comité secret, après l'échec de l'offensive Nivelle au chemin des Dames (avril 1917), le député Diagne expose devant les députés comment les troupes noires furent utilisées par l'état-major français (Mangin) comme de la chair à canon6.
Blaise Diagne adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en décembre 1917, mais il y reste moins d'une année et demi. Il est alors nommé par Clemenceau commissaire général chargé du recrutement indigène en Afrique, en même temps que deux autres socialistes, Compère-Morel, à l'Agriculture, et Fernand Bouisson, à la Marine marchande. Mais Blaise Diagne démissionne du parti et du groupe socialiste début mai 1919, refusant de quitter ses fonctions de commissaire du gouvernement après la répression de la manifestation du 1er mai 1919. Il reste commissaire jusqu'en octobre 1921 (gouvernements Clemenceau, Millerand, Leygues et Briand).
Il revient ensuite au Parti républicain-socialiste, puis passe chez les indépendants de Georges Mandel. Il devient officiellement le premier ministre africain de la République française comme sous-secrétaire d'État aux Colonies de janvier 1931 à février 1932, dans les trois premiers gouvernements de Pierre Laval.
Haut Commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires
« M. Diagne, député du Sénégal, haut commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires, vient d'arriver à Dakar où la population indigène lui a fait un accueil enthousiaste. » (mars 1918)
Blaise Diagne devient en janvier 1918 commissaire général chargé du recrutement indigène, qui, sans le titre, lui donne des responsabilités de nature gouvernementale. Il mène avec succès des missions en Afrique-Occidentale française pour organiser le recrutement militaire en cette période de guerre. De février à août 1918 et de Dakar à Bamako, il essaye de convaincre les habitants de l'AOF et de l'AEF de venir se battre en France tout en leur promettant des médailles militaires, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française aux combattants après la guerre. Les primes aux recruteurs sont aussi fortement augmentées. Il réussit à mobiliser 63 000 soldats en Afrique-Occidentale française, AOF, et 14 000 en Afrique-Équatoriale française, AEF5,.
Diagne profita des conditions spéciales du conflit pour arracher au Parlement la loi du 29 septembre 1916 qui reconnaissait définitivement la citoyenneté française aux originaires des « quatre communes », sans les soumettre au Code civil ni leur faire perdre leur statut personnel.
Postérité
Le souvenir du premier Africain ministre de la République française reste vivant au Sénégal. Plusieurs lieux publics portent son nom : l'avenue Blaise-Diagne, une des plus grandes de Dakar, le lycée Blaise-Diagne de Dakar et, sous la présidence de Abdoulaye Wade, l'aéroport international du Sénégal, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, a été nommé aéroport international Blaise-Diagne.
Un buste honore sa mémoire sur l'île de Gorée
Legs[modifier
Alors que l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale étaient en voie de colonisation, Blaise Diagne défendait la participation des Africains à la politique du pays colonisateur7. Il fit preuve de la même implication durant la période coloniale jusqu'à sa mort. Il a mené pendant toute sa carrière une action en faveur des colonisés d'Afrique pour les aider à s'insérer pleinement dans la société française.
Il demandait aussi un traitement équitable des minorités ethniques au sein de l'armée française et à la Chambre, Blaise Diagne, proteste contre le « massacre » des populations d'origine africaine lors de la Première Guerre mondiale, accréditant l'idée de troupes utilisées comme chair à canon.
Vie personnelle
Marié en 1909 avec Marie-Odette Villain, rencontrée à Madagascar, il a eu quatre enfants dont :
Adolphe, médecin militaire (1910-1985)8,
Rolland, agent dans les chemins de fer,
Raoul (1910-2002), footballeur professionnel, sélectionné en équipe de France (de 1931 à 1940), ensuite entraîneur de l'équipe nationale du Sénégal en 1963.
source:Wikipedia
Autres personnages historiques du Sénégal
Ephémerides du jour
- 13 Juin 2023 Ouverture à Dakar de la conférence mondiale de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), une première en Afrique qui a réuni des décideurs, mais également des professionnels de l’industrie et des membres de la société civile à un moment où le Sénégal s'apprête à exploiter son gaz et son pétrole.
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13 Juin 2022
Inauguration par le Président Macky SALL de l'École de la Marine Nationale (EMAN) au Camp militaire Général Mountaga Diallo de Bel Air à Dakar. L'école a pour vocation de former des marins appelés à faire face à la montée en puissance du trafic maritime mais aussi des autres activités maritimes telles que l’exploitation d’hydrocarbures et la pose de câbles sous-marins, activité cruciale de l’économie numérique.
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13 Juin 2022
Trois membres du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) poursuivis dans l’affaire de la tuerie de Boffa Bayotte, le 6 janvier 2018, sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Deux autres accusés écopent d’une peine de six mois de prison avec sursis pour détention d’armes sans autorisation. Dix parmi les mis en cause sont acquittés.
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13 Juin 2019
Ouverture à l’hôtel Pullman à Dakar de la 8e édition de la Journée de la femme digitale (JFD), sur le thème ’’Elles changent le monde’’, une première en Afrique. Cette manifestation lancée en 2013 par la Française Delphine REMY-BOUTANG consiste à mettre à l’honneur et à connecter chaque année les femmes qui s’emploient à révolutionner le monde grâce au digital.
- 13 Juin 2015 En match comptant pour les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations de football 2017 joué à Dakar, l'équipe du Sénégal bat celle du Burundi par 3 buts à 1.
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13 Juin 1915
Décès à Dakar à l'âge de 49 ans d'Amédée William MERLAUD-PONTY, Gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française (AOF). Ayant succédé à Ernest ROUME en février 1908, il a beaucoup contribué à l'organisation de l'enseignement et de la justice en AOF même si on lui impute une certaine responsabilité dans le recrutement massif de troupes coloniales pendant la première guerre mondiale. Il a été succédé par François Joseph CLOZEL.
- 13 Juin 1911 Au terrain d’aviation de Bambey le capitaine Marcel SIDO, aux commandes d’un biplan Farman, effectue un vol d’essai. L’avion s’était élevé à 50 mètres du sol, avait survolé le terrain d’aviation, l’escale de Bambey et les villages environnants sur une distance de 30 km avant d’atterrir. Deux biplans Farman avaient été débarqués à Dakar le 11 mars 1911 et transportés à Bambey où un terrain d'aviation avec hangar avait été aménagé au nord de l'escale.
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13 Juin 1903
Cheikh Ahmadou Bamba MBACKÉ est arrêté par l'autorité coloniale française à Darou Marnane. Il sera placé en résidence surveillée auprès de Cheikh Sidya Baba à Saout El Mâ en Mauritanie jusqu'en 1907, date de son retour au Sénégal.
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13 Juin 1900
Décès à Dakar à l'ãge de 38 ans de Monseigneur Joachim BULÉON, Vicaire apostolique de Sénégambie, victime de l'épidémie de fièvre jaune qui venait de se déclarer dans la colonie. Il a été succédé par Monseigneur François KUNEMANN, nommé le 27 février 1901 et qui arrivera à Dakar le 24 juin de la même année.



