Fodé Kaba Doumbia (1818 - 1901)
Marabout-guerrier
Fils d’un marabout diakhanké, Fodé Bakary Doumbia plus connu sous le nom de Fodé Kaba naquit vers 1818 à Goumbel, un village situé dans la partie méridionale du Boundou. Prénommé Ibrahima, le futur Fodé prit le surnom de Kaba porté par les ancêtres de sa famille. Le jeune Fodé suivit son père qui alla s’installer non pas dans le Gabou comme le prétendent certains griots mais dans ses dépendances. En fait, ils traversèrent le Ouli, le Niani, franchirent le fleuve Gambie pour s’établir dans le petit village de Kérévane en Casamance, sur l’actuelle frontière de la Gambie. Ce village avait été créé et était dirigé par un roi malinké païen, Silati Kéléfa, qui habitait Soumacounda. A partir de 1877, Fodé Kaba ravagea les villages baïnounk d’Inor, Tobor et beaucoup d’autres villages situés sur la rive orientale du Soungrougrou. Ravitaillé en armes et munitions par les traitants de Sédhiou et de Bathurst, il razzia le Fogny.
Après de longues négociations, le marabout finit par accepter la signature d’un traité avec le gouverneur du Sénégal M. Félix Henri De Lamothe. Il cédait le Fogny à la France en échange d’une rente annuelle de 5000 francs et le maintien de son autorité sur un important domaine s’étendant sur le Kiang français. En Gambie, les autorités britanniques supportaient très difficilement la puissance de Fodé Kaba. L’Annual Report de 1888 révèle que son existence est une malédiction pour le voisinage ; il vit, y lit-on, de chasse aux esclaves et de vols. Le 2 janvier 1892, une expédition fut décidée par les autorités de Bathurst contre son tata de Marige d’où il parvint à s’enfuir la nuit à cheval pour se réfugier en Casamance. La souveraineté britannique fut alors imposée aux chefs du Kiang gambien. En 1899, à la suite d’une querelle entre les habitants des villages de Jataba et de Sankandi pour la propriété d’une rizière, l’arbitrage sollicité du Travelling Commissioner fut repoussé par les gens de Sankandi fidèles et soumis à Fodé Kaba. Accompagné d’un officier, le capitaine Silva, et d’une petite escorte, le Travelling Commissioner Sitwell se présenta le 16 juillet 1900 à Sankandi pour régler cette affaire à l’amiable. Persuadé qu’on venait l’arrêter, le chef du village, Dari Bani Dabo, fit tirer sur les Anglais qui furent tués. Il partit avec ses principaux lieutenants se réfugier en Casamance, à Médina auprès de Fodé Kaba qui accueillit fort mal cette nouvelle. Tout en leur accordant l’hospitalité, il reprocha aux proscrits leur imprudence et surtout l’occasion qui était à présent donnée aux Européens pour intervenir contre lui. Les membres de la famille Doumbouya affirment qu’un envoyé de Bathurst vint à Médina réclamer les fugitifs. Fodé Kaba refusa au nom des lois sacrées du droit d’asile. Les autorités de Bathurst demandèrent alors aux Français de bien vouloir agir auprès de Fodé Kaba. Le commandant de cercle de Sédhiou rendit visite au marabout qui le reçut avec froideur. Fodé Kaba abandonna la réserve prudente et habile qu’il avait toujours adoptée à l’égard de ses interlocuteurs français en refusant de livrer ses protégés. Les Anglais demandèrent à Saint-Louis l’autorisation de capturer le marabout en territoire casamançais mais le gouverneur s’y opposa. Une expédition franco-anglaise fut alors organisée contre le vieux chef en mars 1901. Les Britanniques placèrent des troupes sur la frontière pour empêcher toute fuite vers le Nord. Moussa Molo, ravi de pouvoir enfin se venger de son ennemi traditionnel, arriva sur les bords du Soungrougrou à l’Est, à la tête de 400 cavaliers. Les Français dirigés par le Colonel Rouvel se présentèrent devant Médina le 23 mars 1901 à midi. L’assaut du tata fut ordonné et les murs furent éventrés par les tirs des trois pièces de canon amenées sur place. Après la bataille – car les guerriers de Fodé Kaba opposèrent une vive résistance aux assaillants – le Colonel Rouvel chercha en vain le corps du marabout parmi les décombres. Interrogé, son fils Ibrahim répondit que son père avait été victime des boulets. Sa mort fut cependant controversée à cause de la disparition de son corps qui ne fut jamais retrouvé. Des sources affirment même que Fodé Kaba Doumbouya serait mort le 19 mars, quelques jours avant l’assaut de son tata de Médina.
Autres personnages historiques du Sénégal
Ephémerides du jour
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5 Novembre 2025
Ouverture à Dakar de la 5e édition de la Semaine Mondiale de la Francophonie Scientifique (SMFS), une première pour l’Afrique subsaharienne. C’est un événement qui vise à valoriser la science et la recherche en langue française, en favorisant les échanges entre chercheurs, institutions scientifiques et jeunes talents francophones. Il permet aussi de mettre en lumière, à l’échelle internationale, les innovations et contributions des chercheurs africains.
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5 Novembre 2024
Ouverture à Dakar du 4e forum international sur l'entrepreneuriat avec pour thème "Entrepreneuriat durable, innovation et impact social". Organisée par la Délégation du Québec à Dakar, la rencontre se focalise sur les défis de l'entrepreneuriat culturel, la monétisation des œuvres et l’enjeu de la circulation des œuvres dans l’espace francophone. Le forum a enregistré la présence d’environ 250 participants d'Afrique de l’Ouest.
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5 Novembre 2023
En combat de lutte sénégalaise organisé à l'Arène Nationale de Pikine Modou LO de l'écurie Rock Énergie conserve son titre de Roi des arènes devant Ama BALDÉ de l'écurie Falaye Baldé. Modou LO est le Roi des arène depuis qu'il a détrôné Mamadou NGOM dit Eumeu Sène de l'écurie Tayshinger le 28 juillet 2019.
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5 Novembre 2020
Ibrahima SENE, Président du Comité régional de gestion de la lutte de Kaolack, succède au docteur Alioune SARR à la tête du Comité National de Gestion de la lutte (CNG). Ce dernier a été à la tête du comité pendant 26 ans (1994-2020). Le CNG de la lutte a été créé par un arrêté du 21 mars 1994. Avant cette date, la réforme de 1990 avait mis en place deux instances concurrentes : le Comité d’Administration et de Contrôle de la Lutte avec Frappe (CACLF) et le Comité National Provisoire de la Lutte Amateur (CNPLA).
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5 Novembre 2018
Ouverture du 5e Forum de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique par le Président Macky SALL sur le thème «enjeux de développement et de stabilités durables», en présence de son homologue gambien Adama BARROW et de la Ministre française des armées Florence PARLY.
- 5 Novembre 1991 Décès à Dakar à l'âge de 72 ans du comédien et acteur Douta SECK. Il a notamment joué le rôle principal dans la pièce intitulée "La tragédie du roi Christophe" de l'écrivain martiniquais Aimé CÉSAIRE. Il est le parrain de la Maison de la Culture à Dakar.
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5 Novembre 1970
Installation d'El Hadj Momar Marème DIOP, Grand Serigne de Dakar. Il succède à El Hadj Ibrahima DIOP décédé le 24 novembre 1969. Le premier Grand Serigne installé en 1795 s’appelait Dialy Ngoné Mbengue DIOP dit Dial Diop, fils de Massamba DIOP, un noble de l'ancien royaume du Cayor.
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5 Novembre 1961
Premier match de l'équipe nationale de football du Sénégal entrainée par Raoul DIAGNE qui bat celle de la Gambie par 5 buts à 3 à Bathurst (ancienne appellation de Banjul) dans le cadre de la 3e édition de la Coupe Nkrumah. Certes, il y a eu avant cela une équipe de la Fédération du Mali (Sénégal, Soudan français) qui a disputé les Jeux de la Communauté franco-africaine, en avril 1960, à Antananarivo (Madagascar) et une sélection du Sénégal qui a disputé les qualifications de la 2e édition de la Coupe Nkrumah mais ces deux équipes ne peuvent pas être considérées comme l’équipe nationale du Sénégal car le pays faisait encore partie de la fédération du Mali.
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5 Novembre 1913
Parution du premier numéro du journal "La Démocratie du Sénégal" créé par Jean DARAMY D'OXOBY, principal soutien de la campagne de Blaise DIAGNE pour l'élection à l'Assemblée nationale française. Celui-ci remportera l'élection le 10 mai 1914, face au candidat français Henri HEIMBURGER et au député sortant François CARPOT, un métis influent de Saint-Louis.
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5 Novembre 1830
Promulgation au Sénégal du Code civil français appliqué jusqu'ici comme raison écrite. La première organisation de la justice dans la colonie du Sénégal remonte à 1822, cinq ans après la reprise de possession effective du pays par les Français sur les Anglais en application du traité signé à Paris le 30 mai 1814.
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5 Novembre 1784
L’Abbé Henri 1er LE RENDU est nommé Préfet apostolique de Saint-Louis. Son action s’inscrit dans le cadre du rétablissement de l’autorité française au Sénégal (après la restitution du territoire à la France par le traité de Versailles de 1783). L’Église cherche alors à reprendre pied dans une colonie stratégique et à encadrer spirituellement une population métissée en pleine expansion. Il sera succédé en 1790 par l'Abbé Aymar Joseph François CHARBONNIER.



